Il y a quelques semaines de cela, nous avions parlé sur ce blog du bio en Egypte.
Pas évident pour les amateurs de fruits et légumes sans engrais ni pesticides de savoir où s'approvisionner : depuis la construction du barrage d'Assouan, le limon fertile du Nil est retenu en amont des zones cultivables du delta, obligeant les agriculteurs à recourir en masse aux fertilisants et autres joyeusetés, pour maintenir le niveau de production, d'exportation et leur  (parfois maigre) revenu. Je vous indiquais quelques adresses au Caire où le leader du marché "organique", Isis-Sekem, écoulait sa production.

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La semaine dernière, le principal journal du pays, Al Ahram, dans sa version française, l'Hebdo, a remis en cause la qualité des produits Sekem. Il a publié les résultats accablants d'un rapport de l'association Eïn Masr (les yeux de l'Egypte), qui a fait analyser en laboratoire des légumes et des herbes vendus par la marque.
Résultat : ils contiendraient "(...) exactement le même taux de résidus de pesticides et de métaux lourds" que les produits classiques. Des résidus d'hormones et de plomb auraient même été trouvés dans les jus de fruits manufacturés.
L'article sur le bio, "Un simple leurre" d'Ola Hamdi, est publié dans l'édition Al Ahram Hebdo du 1er au 7 septembre 2010. 

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Qui est Sekem ?
L'entreprise Sekem, créée à la fin des années 1970 par Ibrahim Abouleish, a été une des premières à introduire la culture en biodynamie dans le pays. Elle participe d'un plus vaste projet de développement, puisque Sekem a fondé plusieurs écoles, une coopérative d'employés, des centres médicaux et des programmes visant à promouvoir la médecine "holistique".

Cette entreprise a depuis ses débuts des liens avec l'Allemagne, où ont été déposés les statuts de l'association pour le développement culturel en Egypte, partenaire de Sekem. Dans les années 1980, une joint-venture, Atos Pharma, est créée entre Sekem, la Deutsche Entwicklungsgesellschaft (DEG) et le  Dr. Schaette KG, pour développer le marché des produits naturels pharmaceutiques en Egypte.

Aujourd'hui, une grande partie de la production des fruits et légumes est exportée en Europe, certifiée biologique par les Allemands de l'organisme BCS OKO. Le directeur général d'Isis, Mamdouh Aboul-Eich, assure au journal Al-Ahram que c'est la même production certifiée qui est vendue en Europe et en Egypte. Tout en reconnaissant que l'absence de normes de certification bio sur le plan national "est un problème"...

Il faut savoir qu'en Egypte, comme en France, un produit bio est vendu beaucoup plus cher au consommateur : au Caire, une tomate bio coûte cinq fois le prix d'une tomate classique... Affaire à  suivre...